Je vous écris, généralement, quand tout va bien pour moi. Belle perte, constatations surprises (...) bref, quand j'ai le moral, quoi.
Aujourd'hui, je ne l'ai pas. Pas plus qu'hier, en fait. Pourtant, j'ai tout pour être heureuse ; j'essaie de rester objective, j'ai perdu + de 25 kg en même pas 7 mois, c'est génial. Mon copain & ma mère sont les premiers à me tendre la main quand ça ne va pas, en plus de toutes les personnes qui sont toujours là pour moi quand j'ai un coup de mou (que je remercie une énième fois du plus profond de mon coeur).
Comble de chance et de bonheur, il y a deux jours, j'ai réussi à rentrer dans un de mes anciens pantalons en taille 44, que je mettais avant de grossir et de devenir ce que j'ai été.
Quand je l'ai ressorti je ne pensais même pas pouvoir y glisser une fesse dedans, parce que je le trouvais "petit". Le pire, c'est que non seulement j'ai rentré mon popotin dedans, mais de surcroît, j'ai réussi à le fermer. Je suis certaine que vous devez vous dire "han mais c'est super, elle a dû être euphorique !" (...) ouais, bah nan. Moi aussi je pensais que lorsque ça arriverait, ce serait le cas. Mais nan. Pas une larme, ni de peine, et encore moins de joie. Pas un sourire, non plus. Juste de l'étonnement. Quand je me suis regardée dans le miroir je me suis dit "ah ouais, quand même", puis, la seconde d'après, ça a résonné comme : "putain mais cette culotte de cheval (...) ça mérite liposuccion ici, là, ah et là aussi !".
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| Sans rentrer dans l'extrême, je crois que c'est à peu près comme ça que je me vois. |
Autant vous le dire. Ce jeans, il y a presque 3 ans, quand je le mettais, j'étais contente. Je me trouvais ronde mais bien, j'étais satisfaite de ce que j'étais. Maintenant que je me suis vue grossir, que je me suis vue grosse/obèse, je ne vois plus que cela. Mes défauts. Le gras, la cellulite, j'en passe et des meilleurs.
Je me dis pas "c'est super t'as perdu énormément, tu peux rentrer dans tes anciennes affaires de quand tu t'assumais". Non, je me dis juste "regarde le gros tas que t'es, faut encore perdre au moins 15 kg, au moins !". Me contente plus de ce que je suis. Je peux pas me voir. Je ne supporte pas/plus mon reflet dans le miroir, de me voir en photo, de laisser mon copain me regarder ou me toucher le ventre. Je n'y arrive plus.
Cela me fait beaucoup, beaucoup, beaucoup de mal. Quand j'étais obèse à 112 kg, ça n'allait pas. Maintenant que je fais 85 kg et que je peux me permettre davantage de choses en matière de fringues et tout, ça ne va pas plus. Du coup, je me dis : "mais quand est-ce que ça ira ?". Je n'ai pas la réponse. Je sais juste que je ne suis pas malheureuse (...) mais je ne me sens pas bien non plus.
Je suis désolée de raconter ma vie de la sorte. Je n'ai pas pour habitude de faire du déballage. Notamment parce que j'ai horreur de la pitié des gens. Mais bon, on va dire que c'est une <thérapie>.
A très vite...

